Pas facile de faire vivre un grand orchestre dans les années 60, 70 ; ça coûtait cher et c'était passé de mode. Pourtant il en restait un, avec une gnaque d'enfer : le grand orchestre de Thad Jones et Mel Lewis. Ils jouaient du swing, du bebop, du hardbop, et se sont taillé un beau succès qui les a fait durer de 1965 à 1978, ce qui n'était pas gagné à priori. Avec cette vidéo, vous allez comprendre pourquoi.
A noter le solo de batterie du co-leader Mel Lewis, aux cymbales, ce qui n'est pas courant dans un big band.
vendredi 23 mai 2008
Un orchestre qui dépote
lundi 19 mai 2008
Monk, avant le silence...
... c'est encore du Monk ! "Caravan" en concert au Japon en 1973, soit l'année où il se retire et rentre dans sa coquille pour ne plus ouvrir la bouche jusqu'à sa mort 9 ans plus tard.
Les mots sont inutiles...
mercredi 14 mai 2008
Abbey... ouais !
Abbey Lincoln aurait pu se contenter d'être un clone de Billie Holiday, même genre de voix, un peu étriquée, imparfaite mais tellement plus émouvante que les grandes voix du jazz à large tessiture que sont Dinah Washington ou Sarah Vaughan. En fait, c'est ce qu'elle faisait à ses débuts, dans les clubs ou elle chantait et sur ses tout premiers albums.
Et puis, elle a rencontré Max "Pygmalion" Roach, qui a su la faire monter d'un cran, la faire passer d'une sous-Billie, aussi talentueuse soit-elle, à Abbey Lincoln, telle qu'on la connait, unique et originale. Elle s'est mise à choisir ses chansons pour leurs paroles, pour leurs significations, faisant tout pour leur donner du sens. Ce faisant, elle s'est encore rapprochée de Billie, celle qui chantait "Strange fruit" avec une telle intensité dramatique que c'en devenait bien plus qu'une simple chanson.
Malheureusement, Abbey se fait rare. Après trois album banals, elle enregistre trois chefs d'oeuvre en trois ans (1959, 1960, 1961) : "Abbey is blue", au titre suffisamment parlant, "Freedom Now Suite" avec Max Roach, et "Straight Ahead" avec Coleman Hawkins, Eric Dolphy, Booker Little, Mal Waldron, Max Roach évidemment, excusez du peu... Il va falloir ensuite attendre 1973 pour un nouvel album : "The people in me", une merveille dont je parlerais plus tard.
Pour l'instant, je mets en écoute un morceau de Mongo Santamaria que tout le monde connait sous les arrangements de Coltrane : "Afro blue", dont c'est la première version chantée. Il est bien sûr tiré de "Abbey is blue".
samedi 10 mai 2008
Kora, kora
Pour ceux qui ne connaissent pas la kora, ce magnifique instrument africain, en voici une démonstration par le grand maître Toumani Diabaté.
Toumani a par ailleurs enregistré un superbe album, MALIcool, avec le grand tromboniste free Roswell Rudd, compagnon de route d'Archie Shepp et de Steve Lacy. En voici un extrait, "Bamako", tout simplement l'un des plus beaux morceaux que je connaisse. Qui aurait cru que la kora et le trombone se marieraient si bien ?
vendredi 9 mai 2008
Régénération

Une très courte note sur cet album de Stanley Cowell : "Regeneration" (1975). Simplement parce que j'ai envie de mettre en écoute ce superbe morceau : "Lullabye".
Il est d'ailleurs assez difficile de trouver des renseignements sur Cowell, qui reste scandaleusement méconnu. Quant à ce disque, allmusic le décrit comme un album de pop infusée de jazz avec de solides racines africaines. Il est très changeant, allant du morceau pop groovy (avec Stanley au synthé), au morceau africain austère, joué à la kora, en passant par le blues. A découvrir donc, si l'on aime la variété, au sens premier du terme, bien entendu !
mercredi 7 mai 2008
Abbey Roach
Avant de parler plus longuement d'Abbey Lincoln, voici un avant-goût de ce qui rend cette chanteuse si atypique et unique dans le jazz. C'est dans les années 60, avec son mari Max Roach, c'est dans une cage, ce sont des cris et des gémissements : c'est le triptyque de la "Freedom Now Suite", pierre angulaire du jazz protestataire et chef d'oeuvre intemporel.
