dimanche 25 octobre 2009

Je ne descendrais pas LaMontagne, même à cheval !

Pour une fois, et pour prouver que je suis aussi capable de m'intéresser à la musique d'aujourd'hui, pour peu que ça ne soit pas du jazz revival, je vais faire une petite note sur un artiste du courant "new folk", que j'écoute beaucoup en ce moment, parce que ça me détend.
En plus, il a un nom qui incite à faire des jeux de mots vaseux (ce qui me détend aussi !) : Ray LaMontagne.


Je dis que cette musique détend, mais je sais que cet avis ne sera pas partagé par tous. En effet, la musique de Ray est du genre folk dépressif, un peu à la Nick Drake, si vous voyez ce que je veux dire ! La plupart des morceaux sont calmes et lents, incitent à la méditation... et à aller se coucher.
Mais quelle voix ! Imaginez une telle voix greffée sur les génies de la folk que sont Bob Dylan et Neil Young, ça changerait tout non ? Je vous dis ça, moi qui ai fait l'impasse pendant 20 ans sur Neil Young, à cause de son horrible falsetto.
Trois disques sont sortis à l'heure actuelle, "Troubles", "Till the sun turns black", et "Gossip in the grain", en 2004, 2006 et 2008. Ils ont tous été acclamés par la critique, mais on imagine bien qu'il est attendu au tournant (en 2010, sans doute, car il semble avoir la phobie des chiffres impairs), juste pour le plaisir d'écrire : "LaMontagne a accouché d'une souris".

En écoute : "Let it be me", que je traduirais, très librement, par : "Bof, après tout, s'il en faut un... autant qu'ce soit moi !"


samedi 17 octobre 2009

Si, Naima !

Je rebondis un peu tard, car je n'ai pas son abattage, sur une note de blog de Ptilou à propos du "Naima" de Coltrane.
Il existe une version encore plus belle, à mon humble avis, que celle de l'album "McCoy Tyner plays John Coltrane", c'est la version solo de l'album "Echoes of a friend" de 1972, dont j'ai déjà parlé dans cette note, où vous trouverez ce morceau en écoute.

Mais ce que je vous propose aujourd'hui est beaucoup plus rare : Eric Dolphy jouant "Naima" à la clarinette basse, à la radio à Paris en 1964. Le morceau est très long (environ 15'), et commence par une introduction à la clarinette basse seule, où il est très difficile de reconnaître le thème, jusqu'à son énoncé, à l'unisson, vers 2'.
A noter : la présence à la trompette de Donald Byrd, et l'utilisation de congas.




Régale-toi, Ptilou !


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dimanche 11 octobre 2009

Kulu Se Mama

Pour rappeler ce que le Free Jazz, tendance World, de Pharoah Sanders doit à Coltrane , en voici l'une des plus fantastiques illustrations : Kulu Se Mama.
Ce morceau de 18 minutes constituait la face 1 de l'album du même nom, enregistré en 1965 et sorti par Impulse en 1966.

Un album bancal, puisque la face 2, d'une quinzaine de minutes comportait deux morceaux enregistré avec le fameux quartet, "Welcome" et "Vigil", qui semblaient à des milliers d'années-lumière du déchaînement free de la face 1. Ce disque n'est jamais sorti tel quel en CD. On commencera par lui adjoindre deux morceaux supplémentaires d'une autre session, pour équilibrer ("Selflessness" et "Dusk Dawn"), puis finalement, l'album disparaîtra du catalogue pour être éclaté sur deux autres disques, "The Major Works of John Coltrane" pour la face 1 et "Transition" pour la face 2.

C'est donc cette face 1 qui m'intéresse aujourd'hui. On y trouve, en plus du quartet, Pharoah Sanders évidemment, ainsi que Donald Garett à la clarinette basse (pour la petite histoire, il s'agit de la clarinette basse d'Eric Dolphy, que les parents de celui-ci ont offert à Coltrane après la mort de leur fils), Frank Butler comme deuxième batteur, et surtout Juno Lewis au chant et aux percussions. C'est lui, Lewis, le compositeur de ce morceau, poème dédié à ses "deux mère" : sa mère biologique et sa mère la Terre. Sa psalmodie rend ce morceau étrange, obsédant, trippant, unique dans la discographie de Coltrane.

Kulu Se Mama (sur deezer)

dimanche 4 octobre 2009

Tiers monde underground


Il est des chefs-d'oeuvre qui restent malheureusement cachés. C'est le cas de celui-ci, qui est quasiment inconnu, même des amateurs éclairés de ses protagonistes : Dollar Brand , Carlos Ward et Don Cherry.
Pour le trouver référencé, il faut tomber sur une discographie très pointue de Dollar Brand. Rien que pour en trouver une image sur le web c'est difficile, comme en témoigne la pauvre qualité ce cette photo.

Les circonstances de cet enregistrement sont vaguement connues : apparemment Brand et Ward, qui jouaient ensemble depuis quelques temps, sont tombés sur Don Cherry à Copenhague et ont enregistré cette session en public : deux longs morceaux, en fait deux medleys de titres de Brand, bien que le premier soit intitulé "Don's Song".
Pas de bassiste, ni de batteur. Quand Cherry joue de la trompette, Ward fait les percussions, et inversement quand Ward est au saxo.

Ce qui rend ce disque fabuleux, c'est le côté hypnotique de la musique, dû principalement aux motifs rythmiques répétés au piano. L'ensemble est franchement trippant et cet extrait (le début du premier morceau, "Don's Song") vous en convaincra sûrement :

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