dimanche 14 juin 2009

Côte ouest, mais pas West Coast !


Quand je vois que l'on range le Chico Hamilton Quintet dans la catégorie West-Coast, sous prétexte qu'il était basé à Los-Angeles, ça m'énerve !
Pour moi, le West-Coast, c'est un jazz d'imitateurs blancs, tout dans la pose romantique du jazzman torturé, jouant des ballades déchirantes dans un bar enfumé.
C'est au jazz ce que Bernard-Henri Levy est à la philosophie : enlevé le col de chemise blanc, il ne reste rien !
Le West-Coast, c'est du jazz qui n'évolue pas, qui n'invente pas ; du jazz momifié, mais une momie bien propre, avec les bandelettes bien blanches et bien parallèles.

La musique de Chico a beaucoup évolué au cours des années, et si l'on veut cataloguer ce premier disque, "Spectacular", enregistré en 1955, il faudrait plutôt le rapprocher du Third Stream, mélange de classique et de jazz. On trouve d'ailleurs sur ce disque un violoncelliste, Fred Katz, et le superbe multi-instrumentiste Buddy Collette (qui fut le professeur de Mingus), à la flûte traversière, dont il joue d'une façon très "musique classique". A la guitare : non moins que Jim Hall.

Chico a toujours eu dans son quintet un multi-instrumentiste jouant de la flûte et un guitariste ; c'est avec lui qu'ont débuté Eric Dolphy, Charles Lloyd, Gabor Szabo, Larry Coryell, j'en passe, mais des moins bons !

Les disques de Chico Hamilton sont toujours à découvrir, ils sont réédités au compte-goutte. Le fait qu'il soit si difficile de trouver ses albums avec Eric Dolphy, par exemple, me laisse songeur.

En attendant, celui-ci est un classique, alors ne boudons pas notre plaisir. Ecoutons ce que le vent nous apporte : "The Wind" :