dimanche 13 janvier 2008

Louez Mobley

Hank Mobley est le saxophoniste préféré des pinnipèdes, il faut voir les otaries dodeliner de la tête et claquer des nageoires en criant "Hank, Hank, Hank", alors que le phoque de l'Alaska lui, déprime en songeant à Marilyn Monroe.
Moi qui ne suis pas pinnipède, j'aime aussi beaucoup Hank Mobley. Lui qui faisait à peu près la même musique que les trompettistes Donald Byrd, Freddie Hubbard et Lee Morgan, qui a souvent enregistré avec eux, comme sideman ou comme leader, est plutôt méconnu par rapport à eux. Encore la malédiction des saxophonistes des années 60 : ils sont tous évalués par rapport à Coltrane (voire à Rollins) et ce n'est pas à leur avantage. Le critique Leonard Feather qualifiait Mobley d'un "champion, poids moyen, des saxophonistes" ce qui a détourné de lui pas mal d'auditeurs alors que ça n'était pas le but.
Mobley était présent au moment de la naissance du hard bop, avec Horace Silver et Art Blakey, avant qu'ils ne se séparent. C'est Silver qui a eu la garde de Mobley pendant plusieurs années, puis celui-ci a navigué de foyer en foyer : chez Milt Jackson, chez Miles Davis, chez Blakey à nouveau, il a même fait partie un moment de l'orchestre de Duke Ellington, tout ça en sortant de temps en temps un album en leader.
A partir de 1960, ses enregistrements chez Blue Note commencent à avoir beaucoup de succès, à commencer par "Soul Station" et "Roll Call". Je recommande aussi "Dippin'", "No Room for Squares", "A Slice of the Top", "Hi Voltage", "The Flip"... Arrêtons là ! En fait, tout simplement, chez Mobley tout est bon !
En écoute, "The Flip" , une perle de soul jazz, avec un groove d'enfer.