
L'une des périodes les plus intéressantes de Donald Byrd est celle de la transition entre le hard bop et le funk, vers la toute fin des années 60. Après avoir subi l'influence de Clifford Brown, il décide alors de suivre l'exemple du Miles Davis de "In a Silent Way" et embauche un pianiste électrique (Duke Pearson) sur "Fancy free", pour la première fois, en 1969. Sa musique est, à mon goût, nettement plus variée que celle de Miles à la même époque qui, lui, en perpétuel précurseur, a basculé d'un seul coup du hard bop à la fusion. Le dernier album avant l'entrée dans le funk est "Kofi", en 1969, et c'est l'un de ses plus beaux disques. Le premier titre, "Kofi", que je mets en écoute, est une pure merveille, avec la superbe flûte de Lew Tabackin. On trouve aussi notamment sur cet album Airto Moreira, Ron Carter, Frank Foster et Duke Pearson.
Ensuite, en 1970, Donald deviendra Dingo, après avoir rencontré Tic & Tac (les frères Mitzell). C'est alors qu'un journaliste, croyant voir les dollars d'Onc' Picsou dans ses yeux, lui demanda "Vous ne voudriez pas faire du jazz, plutôt ?" que Byrd eut cette réponse magnifique : "Non, Pluto c'est le chien de Mickey, moi c'est Donald !"
