Affichage des articles dont le libellé est Gato Barbieri. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gato Barbieri. Afficher tous les articles

dimanche 16 octobre 2011

La cerise sur le Gato ?

Plutôt le contraire, en fait !
C'est le premier disque de Don Cherry en leader, sans Ornette, donc...
Et il se trouve qu'il est tombé sur Gato Barbieri à Rome et en est resté baba !
(Je sais, je sais, c'est facile, mais c'est pas une raison pour ne pas la faire !)
Voilà donc une merveille d'album, datant de 1965, justement intitulé "Complete Communion".
La même année, ils remettront ça, avec Barbieri en leader, pour l'album "Togetherness", qui est très recommandable lui aussi, malgré son titre en forme de slogan pour la primaire socialiste !

dimanche 18 avril 2010

Le dernier rugissement d'El Gato


Je suis, miraculeusement tombé sur cet album de Gato Barbieri que je cherchais depuis très longtemps. C'est un album charnière à plus d'un égard.

Tout d'abord, son line-up est entièrement renouvelé et, même si on peut regretter l'absence du grand Lonnie Liston Smith au clavier, il faut reconnaître que ce Jorge Dalto n'est pas mal non plus. On trouvera aussi, à la guitare, un très bon Paul Metzke qui nous console de l'absence d'une confrontation de Gato avec Santana (ces deux-là semblaient pourtant faits pour se trouver). Quant au bassiste, ce n'est autre que l'immense Ron Carter.

De plus, cet album tranche par rapport aux précédents, Bolivia et Latino America, comme une sorte de retour au jazz.
Ce retour sera de courte durée.
En effet, ayant sans doute besoin de refaire sa cuisine, ce popeye du saxophone décida de mettre un peu de beurre dans ses épinards. Au début, ce fut simplement des épinards beurrés ("Caliente" en 76, "Ruby, Ruby" en 78), puis on eut droit à du beurre parfumé aux épinards, et enfin, du beurre 100% matière grasse.

On peut donc considérer ce disque comme le dernier chef d'oeuvre d'El Gato, avant que sa musique ne se transforme en musique d'ambiance latine, une sorte de musique d'ascenseur, mais faite par un génie qui avait su nous faire descendre à genoux toutes les marches vers un enfer sonore, fait de gémissements, de cris stridents, de hurlements, maintenant remplacés par un simple ronronnement.


dimanche 24 janvier 2010

La moitié du Gato

Juin 1971 à Montreux, Gato Barbieri, finement accompagné, notamment, de Lonnie Liston Smith et Nana Vasconcelos, donne un concert de légende.
Un concert dont tous ceux qui l'ont vécu se souviennent encore et sont fiers de dire "j'y étais".
Un concert dont il ne reste que la moitié, le producteur étant tombé à cours de bande !
Et nous voilà, pauvres malheureux nés trop tard, et en dehors de la Suisse, comme privés de Gato.
C'est pas juste !

dimanche 30 novembre 2008

Caesarem legato barbieri alacrem eorum

Non, non, je n'ai pas viré latiniste distingué. Regardez mieux, c'est du latin de cuisine. Accrochez-vous, c'est parti pour une allégorie pâtissière échevelée, navrante et déplacée ! Mon sujet, vous l'avez deviné, bien qu'il soit subtilement dissimulé dans le titre, est Gato Barbieri, et plus particulièrement, l'évolution des gâteaux de Barbieri.
A ses débuts, il était surtout porté sur les biscuits salés, voire épicés, ceux qui vous arrachent la gueule et vous tirent des larmes. Vers le milieu des années 70, il a évolué vers le gâteau lourd, genre pudding. C'est l'entre deux qui m'intéresse aujourd'hui, ce subtil mélange de rhum et de crême qui vous laisse baba : deux disques sortis en 1973 où Barbieri incorpore délicatement la musique de la Cordillère des Andes à son free jazz. Je sais, je sais, vous vous dites "Oh non, pitié, pas la flûte de pan !"













Il est vrai que, si pendant quelques temps on a apprécié qu'El Condor passât, rapidement El Condor lassa, puis finalement El Condor fâcha. Et pourtant, est-ce la faute du berger bolivien ou péruvien si l'on peut maintenant se délecter de merveilles du genre "Les grands adagios de la musique classique à la flûte de pan" ? Il n'y sont pour rien, les pauvres, et Gato non plus !
Ces deux disques donc, "Bolivia" et "Chapter one : latin america" intègrent le folklore des hauts plateaux de la Cordillère des Andes avec infiniment de respect, et pour un résultat qui n'a rien à envier aux meilleures réussites de Pharoah sanders ou de Don Cherry dans le domaine de la World Music. Pour illustrer mon propos, voici un extrait de "Chapter one : Latin America" intitulé "Nunca mas", et une autre, tiré de "Bolivia", justement nommé... "Bolivia", sur lequel vous aurez en plus le plaisir de retrouver, entre autres, Lonnie Liston Smith aux claviers. A s'en lécher les doigts. Régalez-vous !

Découvrez Gato Barbieri!


Découvrez Gato Barbieri!

samedi 16 août 2008

Suite suisse, suite suisse, suite suisse

Essayez de le dire très vite six fois, pour voir !
Désolé pour la très mauvaise qualité de cette vidéo mais je n'ai pas pu résister. Il y avait si longtemps que je cherchais une vidéo de Gato Barbieri datant de l'époque où il jouait free ! Il s'agit de la "Swiss Suite" d'Oliver Nelson, qui dirige le big band et joue aussi, occasionnellement. Vers la fin c'est Eddie "Cleanhead" Vinson, plus classique que l'homme au chapeau noir, qui se pointe.

Aïe, la vidéo n'est plus disponible... Voici une maigre compensation :

lundi 8 octobre 2007

Les quatre éléments

Selon moi, la musique est composée de quatre éléments : le cerveau (brain), les tripes (guts), le coeur (heart) et l'âme (soul). Aucun de ces éléments ne peut constituer seul une musique intéressante. Le cerveau seul : la musique de l'IRCAM (Boulez & co), chiant ! Les tripes seules : du punk hardcore sans invention, fatigant pour les oreilles. Le coeur seul : toutes les pires daubes, du genre adagios de musique classique à la flûte de pan. L'âme seule : le chant grégorien, bon... y'en a qui aiment !
En jazz, il existe un génie qui a su équilibrer à la perfection les quatre éléments : John Coltrane. Enlevez le cerveau : vous avez Pharoah Sanders et c'est encore excellent ; enlevez encore l'âme et vous avez Gato Barbieri, j'adore !
L'élément qui rapporte du pognon c'est bien sûr le coeur, un élément à doser avec modération. Prenons un exemple : vous avez Steve Reich dans votre maison de disque, c'est un élément prestigieux, encore un parfait équilibre, avec quand même une prédominance du cerveau ; vous voulez que ça rapporte un peu plus ? Ajoutez un peu de coeur, encore un peu... stop ! Vous avez Philip Glass : plus vendeur, tout en gardant l'indulgence de la critique. Comment vendre encore plus ? Poussez la manette du coeur à fond ! Ce n'est toujours pas l'idéal ? Bien sûr : pour faire un maximum de flouze il faut aussi mettre l'élément cerveau à zéro. Allons-y : le coeur à fond, le cerveau à zéro, qu'obtient-on : Richard Clayderman !
Pour obtenir de la bonne musique, il faut la combinaison parfaite d'au moins deux éléments autre que le coeur, dont on peut aisément se passer. Guts & soul : Albert Ayler ; brain & guts : John Zorn ; brain & soul : Sun Ra...
Reparlons un peu de Gato Barbieri : voilà un artiste qui vers le milieu des années 70 a basculé dans la daube (attention, je n'ai pas dit la dope, ce qui eut été préférable), un peu comme Santana mais avec une nuance de taille, la daube était présente dès le début chez Santana, alors que gato a fait quelques albums sans aucune concession ("Third world" par exemple). Ce basculement s'est fait de façon très simple : diminuons l'élément tripes (le son de saxo trituré à l'extrème) qui fait peur aux auditeurs et augmentons l'élément coeur déjà présent dans les thèmes, jusqu'à ce que ça dégouline ! Pour illustrer cette dérive, voici un morceau d'avant la chûte, intitulé "Bahia", tiré de l'album "Fenix", il y a déjà du savon, ça n'a pas commencé à glisser mais on sent que c'est limite, ce sont les tripes qui tiennent le tout. "Bahia" étant introuvable actuellement, voici "Tupac Amaru", tirée du même album :

jeudi 14 juin 2007

Dis, Monsieur Barbieri, tu veux pas nous le faire un peu plus long ?


Au moment de parler de Gato Barbieri, je fais une promesse solennelle : cette fois-ci, pas de jeux de mots faciles. Et je peux vous dire que ça ne sera pas du... cake !
On se souvient tous du "dernier Tango à Paris" de Bertolucci, certains retiennent la splendide performance de Marlon Brando, sans doute la meilleure de sa carrière, d'autres préfèrent rêver à Maria Schneider, les bretons auront un penchant pour la fameuse motte de beurre (très salée !). Quant à moi, je suis reparti avec un superbe morceau de Gato ! Comment ? Non là je n'ai pas fait exprès !
Soyons sérieux ! Ce que j'aime avant tout chez Gato Barbieri c'est la ferveur. Dire d'un musicien qu'il sort ses tripes sur scène est un cliché un peu éculé. Gato, ses tripes, il les enroule autour du saxo, les triture, les réduits en miettes et en bourre l'embouchure et c'est pour ça qu'il fait autant de drôles de bruits. Sa musique est un cri... au sens propre ! Personne ne crie dans son saxe comme Gato Barbieri.
Allez, vous en prendrez bien une part ? "El Parana" tiré de l'album "Under fire" (1971)