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dimanche 30 août 2009

Caravan (1)

Quand on est petit garçon et qu'on entend le mot "caravan", on pense tout de suite à ça :

Il faut un peu de temps et de culture supplémentaires pour avoir à l'esprit la même chose que Duke Ellington quand il a composé ce morceau (avec Juan Tizol et Irving Mills), c'est à dire ça :


Ce célébrissime thème évoque en effet le balancement lent des dromadaires, et c'est exactement le but recherché, ce qui n'est pas le cas dans le Bolero de Ravel, rappelons-le !
On a tous, quand on est amateur de jazz, différentes versions de ce standard en tête. Tout au long de la semaine, j'en mettrais quelques-unes, parmi mes préférées, en écoute.
La première qui me vienne spontanément à l'esprit et à l'oreille c'est la version de Wes Montgomery dans "Movin' Wes". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ici les dromadaires semblent plutôt en train de sprinter pour arriver le premier à l'oasis. Jugez-en :

dimanche 24 février 2008

Pouce !

Bon, je reviens de vacances et j'ai pas trop le temps là, alors... un classique bien fédérateur : Wes Montgomery ("Jingles"). Enfin, avec cette vidéo on a la preuve : on peut jouer de la guitare comme un dieu avec quatre doigts de la main droite dans le sac (rappelons qu'il manquait deux doigts à Django Reinhardt mais c'était à la main gauche), il suffit d'avoir un pouce, la main gauche qui fonctionne bien, et accessoirement, d'être l'un des trois ou quatre géants de la guitare jazz.
Evidemment, étant donné que Wes avait tous ses doigts valides, il aurait pu choisir de les utiliser tous. Aurait-il alors révolutionné l'art de la guitare jazz ?
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lundi 15 octobre 2007

Impressions soleil levant


En 1960, à l'issue d'une jam session, Coltrane demande à Wes Montgomery de se joindre à son quartet. Bien qu'appréciant beaucoup la musique de Trane, Wes refuse, il vient de se lancer dans une carrière solo et le succès arrive rapidement ; il n'est pas question pour lui de se contenter d'une place de sideman, alors qu'il a huit bouches à nourrir et qu'il travaille comme soudeur pendant la journée. Le calcul s'avère payant, il enregistrera en leader et ira de succès en succès au cours des années 60, à un rythme effréné, ce qui causera probablement sa mort, d'épuisement, en 1968.
Entre temps, il sera devenu une idole pour les jeunes guitaristes, une référence, lui l'autodidacte, qui avait couru s'acheter une guitare après avoir entendu jouer Charlie Christian, et dont le jeu si particulier avec le pouce lui a été quasiment imposé par sa femme afin qu'il évite de réveiller les gosses en s'entraînant. Même dans ses enregistrements les plus commerciaux il est fabuleux et il serait dommage de gacher son plaisir en le snobant.
Quant à son contact avec Coltrane, il en reste au moins un chef d'oeuvre : sa version de "Impressions" que je peux écouter en boucle pendant un temps infini. Régalez-vous :