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dimanche 11 novembre 2012

dimanche 7 mars 2010

El Condor repassa

En 1969, probablement sur une idée du producteur Creed Taylor, Paul Desmond enregistre une adaptation jazz de l'intégrale du disque de Simon & Garfunkel, la sensation du moment : "Bridge over troubled water". Aussi idiot que ça puisse paraître, ce n'est pas mal du tout. Les arrangements et l'orchestre sont dirigés par Don Sebesky, et Desmond, accompagné par Herbie Hancock et Airto Moreira, fait bien plus que se contenter de jouer la mélodie originale.
Un disque très agréable à écouter, donc.
Un an plus tard, Creed Taylor remettra le couvert avec George Benson et le "Abbey Road" des Beatles, avec moins de réussite, à mon goût.

Ne boudons pas notre plaisir :



lundi 21 janvier 2008

Jeux interdits

En 1973, Paul Desmond enregistre un superbe disque intitulé Skylark, avec Gabor Szabo à la guitare ! Peut-on rêver plus beau casting ? Oui ! On peut y ajouter Jack DeJohnette à la batterie !
Mon émotion a été grande quand j'ai découvert l'existence de ce disque, et plus grande encore lorsque je l'ai écouté pour la première fois. J'ai déjà parlé de mon admiration pour Paul Desmond, mais là, c'est Szabo qui l'emporte. Ses solos n'ont jamais été plus beaux que sur cet album.
En écoute : "Romance de Amor", c'est à dire le célèbre thème de "Jeux interdits", que tout le monde croit composé par Narciso Yepes et qui est en fait un morceau traditionnel anonyme. Cette version est, de loin, la plus belle que j'ai jamais entendue.
Vous trouverez, en plus, sur ce disque, une magnifique version du "Take ten" de Desmond, "Was a sunny day" de Paul Simon et "Music for a while" d'après Purcell, avec un superbe violoncelle. Le mélange peut paraître bizarre mais l'ensemble se tient et l'album est une réussite, un festival pour les sens. Bon j'avoue, j'ai un petit côté fleur bleue...

lundi 11 juin 2007

Le poivre et le sucre


Contemporains de Charlie Parker, deux rares saxophonistes alto ont su résister à la déferlante : Art Pepper et Paul Desmond. Et à l'époque, il en faut de la force d'esprit et du talent pour ne pas tomber dans l'imitation béate de Bird. Malheureusement pour Pepper, il s'est pris la vague suivante en pleine poire et a perdu son âme à vouloir jouer comme Coltrane.
Quant à Desmond, il est resté lui-même malgré le succès commercial phénoménal de "take five", modeste et en retrait : « …Je suis le saxophoniste dans le quartet de Dave Brubeck. Vous pouvez facilement me reconnaître, parce que, lorsque je ne joue pas, ce qui se produit étonnamment souvent, je reste appuyé contre le piano. »
Comment décrire Desmond... C'est lui le sucre dans mon histoire, mais un sucre délicat, comme un grand chocolat noir corsé et délicatement épicé, dont on n'abuse pas mais auquel on revient souvent et qu'on déguste en soupirant.
En 1963, comme on ne cessait de lui réclamer une redite de son fameux "hit", il sort ironiquement "Take ten" , un air en 10/8 ("Take five" était en 5/4). Amusez-vous à comparer les deux...