samedi 5 septembre 2009

Caravan (5)



Randy Weston est un autre africain inspiré par Duke et surtout par Monk. Lui aussi, comme Abdullah Ibrahim a souvent rendu hommage à ses deux principaux inspirateurs et, comme lui, il sait rendre neuf un thème usé jusqu'à la corde. La preuve : Bon, pas de chance, le lien jiwa ne fonctionne plus

En l'absence de Caravan, voici un autre morceau qui lui doit beaucoup :


mercredi 2 septembre 2009

Caravan (4)


Quant à Art Blakey, il a enregistré en 1962 un album intitulé "Caravan", qui démarre sur ce morceau.
Inutile de dire que le reste du disque est tout aussi enthousiasmant. Il suffira de préciser les noms des Jazz Messengers de l'époque : Curtis Fuller, Freddie Hubbard, Wayne Shorter, Cedar Walton, Reggie Workman !

mardi 1 septembre 2009

Caravan (3)

Et puis bien sûr, il y a Monk, qui a joué "Caravan" sur le superbe album "Thelonious Monk plays Duke Ellington" (1955), et aussi en concert à Berlin en 1969, comme on peut le voir sur cette vidéo. Comme toujours, quand il reprend les thèmes des autres, il en fait du Monk, c'est à dire ce qu'il y a de mieux au monde !

lundi 31 août 2009

Caravan (2)

Quand Abdullah Ibrahim, alias Dollar Brand, rend hommage à Duke Ellington, l'une de ses principales influences, il ne se contente pas de jouer les standards du Duke. Il les arrange à sa sauce, y incorpore ses autres influences (Monk, la musique des townships) et aussi ses propres compositions.

Sur ce superbe album de piano solo, "Ode to Duke Ellington", qui date de 1973, il commence par "Impressions on a caravan", et c'est un peu comme Matisse citant Delacroix : un miracle de beauté et de subtilité !

dimanche 30 août 2009

Caravan (1)

Quand on est petit garçon et qu'on entend le mot "caravan", on pense tout de suite à ça :

Il faut un peu de temps et de culture supplémentaires pour avoir à l'esprit la même chose que Duke Ellington quand il a composé ce morceau (avec Juan Tizol et Irving Mills), c'est à dire ça :


Ce célébrissime thème évoque en effet le balancement lent des dromadaires, et c'est exactement le but recherché, ce qui n'est pas le cas dans le Bolero de Ravel, rappelons-le !
On a tous, quand on est amateur de jazz, différentes versions de ce standard en tête. Tout au long de la semaine, j'en mettrais quelques-unes, parmi mes préférées, en écoute.
La première qui me vienne spontanément à l'esprit et à l'oreille c'est la version de Wes Montgomery dans "Movin' Wes". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ici les dromadaires semblent plutôt en train de sprinter pour arriver le premier à l'oasis. Jugez-en :

mercredi 26 août 2009

François Roudot. Adieu l'artiste !


Dieu n'existe pas...
... sinon François Roudot serait encore parmi nous et continuerait à nous éblouir par sa culture, son humour et ses merveilleux dessins sur son "L'ivre d'image".
En hommage attristé, je mets en lien l'une des premières pages de son blog qui me l'ait fait apprécier et d'où est tiré le superbe croquis ci-dessus : la chronique, en dessin d'un concert de Steve Coleman.
Dieu n'existe pas, non...
... ou alors c'est un con !

dimanche 23 août 2009

Ah, ah, ah oui vraiment...

... Albert Roussel est épatant !

Vous avez peut-être remarqué, quand je veux parler d'une musique sublime, il faut toujours que je fasse le con pour compenser. La musique d'Albert Roussel est tellement belle que cette note a de forte chance de dépasser les limites que j'essaye de m'impartir.

Contrairement à Jean Cras, dont j'ai déjà parlé, qui était un marin compositeur, Albert Roussel était un compositeur marin.
Euh... je ne suis pas sûr d'avoir été bien clair. Je m'explique !
Jean Cras a navigué toute sa vie, et a composé en même temps, donc loin de Paris. Albert Roussel, lui, a quitté la marine pour composer, ce qui explique sa relative notoriété. Un jour, il a rendu la pelle, le seau et le pompon rouge (j'exagère, il était officier !), il a vidé le sable de ses oreilles et s'est mis à étudier le contrepoint (une mesure à l'endroit, une mesure à l'envers...).
Oui, oui, le contrepoint ! Autant dire qu'il n'est pas un dynamiteur de formes comme Debussy. Mais il possède une sensibilité qui l'en rapproche. En gros, si Debussy avait écrit des symphonies (loin de lui cette idée !), elles auraient probablement sonné comme celle d'Albert Roussel.
Jugez-en par vous-même avec ce qui suit (1ère symphonie) :


Mais ce n'est pas par ses symphonies, aussi belles soient-elles que j'ai découvert Albert Roussel.
C'est par là, flûte !
Pardon !
C'est par la flûte... traversière, pour laquelle il a écrit de merveilleuses pages de musique de chambre : sérénade pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe (1925), trio pour flûte, alto et violoncelle (1929), et cet "Elpenor" pour flûte et quatuor à cordes (1937, soit l'année de sa mort), ce dernier étant un poème radiophonique (à cette époque, "poème" et "radio" n'étaient pas si antithétiques) :


Une petite photo pour terminer ?


Oups ! Mon doigt a glissé.
Je sais, c'est intolérable ! Je demande pardon à tous les amateurs d'Albert Roussel. Voilà sa vraie trombine :



Allez, bon vent ! Et, promis, si un jour je parle d'Annie Cordy, je serai sérieux comme un pape !

dimanche 28 juin 2009

Oh, et puis kraut !


Pour ma dernière note avant de prendre des vacances bien méritées et me sevrer d'internet, j'ai choisi de vous parler de Popol.
Je sais, vous vous dites :"ça y est, on est en train de le perdre !"
Que voulez vous, il est difficile de trouver une accroche sérieuse pour parler d'un artiste qui s'appelle Fricke, dont le nom de groupe est Popol Vuh, et qui joue du krautrock !

Pour commencer, "Popol Vuh" n'est pas, comme on pourrait le croire, un code de la police allemande pour dire "j'ai repéré un exhibitionniste". Il s'agit du nom du livre sacré des mayas. Ah ! ça a plus de gueule, tout d'un coup, non ?
Poursuivons... "Fricke" ne se prononce pas "fric" mais "friqueu". Aïe, je me rend compte en l'écrivant que ça nous rapproche de popaul... passons !
Quant au terme "krautrock", il signifie "rock choucroute" mais, rappelons nous que les termes "jazz", "funk", "punk", sont aussi des appellations très péjoratives à l'origine.

Parlons donc un peu de popol Vuh, dont le leader est le mystique Florian Fricke ! A vrai dire, j'envie ceux qui ne le connaissent pas encore et qui vont le découvrir. Pour moi, ce groupe, comme beaucoup d'autres groupes de krautrock, enfonce tout le progrock anglo-saxon. Et je vous dis ça, moi qui adore Soft Machine, Henry Cow, Hatfield and the North, et autres King Crimson ! Pour commencer, les groupes de kraut avaient à leur disposition les meilleurs ingénieurs du son de l'époque (qui travaillaient avec Stockhaüsen !), alors que le rock anglais donne l'impression d'avoir été enregistré avec un micro placé dans un seau d'eau. Le son des disques de Popol Vuh est extraordinaire et contribue au fait que leur musique n'ait pas pris une ride.














Le style, maintenant. Premier disque en 1970, "Affenstunde" (l'heure des singes) est un mix de musique cosmique et tribale, unique en son genre à ma connaissance. Ensuite, "In den Gärten Pharaos" est un grand trip psychédélique et un sommet du genre. Les disques suivants relèvent tous de l'ambient, mais une espèce de contraire de la dark ambient, une bright ambient, en quelque sorte. Même lorsqu'ils enregistrent la bande son du Nosferatu de Werner Herzog (qui les a embauché sur la plupart de ses films), ils font une musique éthérée et lumineuse. Il y a fort à parier que, si Ridley Scott avait fait appel à eux plutôt qu'a Vangelis pour "Blade Runner", le film n'aurait pas pris le même coup de vieux !

Pour terminer, deux superbes exemples : "Ah !", tiré de "Hosianna Mentra", l'un des disques les plus poétiques que je connaisse, et "Morgengruss II", qui a notamment servi pour la bande son de "Aguirre".