samedi 27 mars 2010
Dolphynarium
Flûte, tabla, tambourin et voix : voici l'un des morceaux les plus inhabituels d'Eric Dolphy.
Tiré de l'album "Other Aspects" (1962).
L'album pour s'évader du jazz d'un géant du jazz.
Que peut-on ajouter, à part : "Digda, digda thât, thât, thai " ?
dimanche 21 mars 2010
Spring in Swing : Ra mène sa fraise
C'est le printemps et, à nouveau, l'occasion pour le Z-Band de faire un billet commun.
Le thème de ce billet commun est, euh... le printemps, ou plutôt "Spring", comme dirait JCVD qui a oublié le mot français.
Rappelons que "spring" signifie aussi "ressort", et qu'il ne fallait pas en manquer pour trouver un morceau de jazz dont le titre contienne le mot "spring" mais, surtout, qui évoque effectivement le printemps !
Quand je pense printemps, je pense surtout à Debussy, et aussi à la flûte traversière. Une couleur, un état d'esprit, une ambiance, appelez ça comme vous voulez, qui vous fait immédiatement penser "Aaaah, c'est l'printemps, quelle douceur, quel bonheur !"
Bon... tout ça pour dire que j'ai trouvé l'idéal, quoi !
Il s'agit de l'un de mes artistes préférés, Sun Ra, et de l'un de ses albums les plus beaux et en même temps les plus accessibles, "Sleeping Beauty" (1979).
Trois morceaux, deux sur la face A et un sur la face B, qui sont de pures merveilles, avec de magnifiques orchestrations, comprenant des voix, et de fantastiques solos.
A qui serait assez fou pour se contenter d'un seul album de Sun Ra, je recommanderais celui-là.
Pour donner envie, et être en même temps en plein dans le sujet, voici "Springtime again", le premier morceau du disque. Installez vous, fermez les yeux, ça sent... la primevère !
A l'heure qu'il est, voici ce que mes collègues ont déjà publié :
Jazz à Paris : Springtime for H & Correction
Ptilou : Clifford Brown
Jazz à Berlin : Eric Dolphy
Maître Chronique : Coltrane
Jazz frisson : Blossom Dearie
JazzOcentre : de Michel Legrand à Bill Evans
Belette : Kenny Dorham
Bladsurb : Manu Katché
Jazzques : Jeanne Lee & Mal Waldron
Le thème de ce billet commun est, euh... le printemps, ou plutôt "Spring", comme dirait JCVD qui a oublié le mot français.
Rappelons que "spring" signifie aussi "ressort", et qu'il ne fallait pas en manquer pour trouver un morceau de jazz dont le titre contienne le mot "spring" mais, surtout, qui évoque effectivement le printemps !
Quand je pense printemps, je pense surtout à Debussy, et aussi à la flûte traversière. Une couleur, un état d'esprit, une ambiance, appelez ça comme vous voulez, qui vous fait immédiatement penser "Aaaah, c'est l'printemps, quelle douceur, quel bonheur !"
Bon... tout ça pour dire que j'ai trouvé l'idéal, quoi !
Il s'agit de l'un de mes artistes préférés, Sun Ra, et de l'un de ses albums les plus beaux et en même temps les plus accessibles, "Sleeping Beauty" (1979).
Trois morceaux, deux sur la face A et un sur la face B, qui sont de pures merveilles, avec de magnifiques orchestrations, comprenant des voix, et de fantastiques solos.
A qui serait assez fou pour se contenter d'un seul album de Sun Ra, je recommanderais celui-là.
Pour donner envie, et être en même temps en plein dans le sujet, voici "Springtime again", le premier morceau du disque. Installez vous, fermez les yeux, ça sent... la primevère !A l'heure qu'il est, voici ce que mes collègues ont déjà publié :
Jazz à Paris : Springtime for H & Correction
Ptilou : Clifford Brown
Jazz à Berlin : Eric Dolphy
Maître Chronique : Coltrane
Jazz frisson : Blossom Dearie
JazzOcentre : de Michel Legrand à Bill Evans
Belette : Kenny Dorham
Bladsurb : Manu Katché
Jazzques : Jeanne Lee & Mal Waldron
dimanche 14 mars 2010
Il n'y a qu'un Coleman
Le 9 mars dernier, Ornette Coleman a eu 80 ans ! Eh oui, 80 ans pour un jazzman c'est exceptionnel. Alors quoi, il ne s'est pas détruit par l'alcool ou la drogue ? Ben non, sa seule drogue c'est la liberté.
Pour lui rendre hommage, voici un extrait d'un disque, "Change of the century", qui a 50 ans et qui a marqué un tournant dans le jazz, avec son alter-ego "The shape of jazz to come", plus connu.
Cette musique n'a pas pris une ride.
Pour lui rendre hommage, voici un extrait d'un disque, "Change of the century", qui a 50 ans et qui a marqué un tournant dans le jazz, avec son alter-ego "The shape of jazz to come", plus connu.
Cette musique n'a pas pris une ride.
dimanche 7 mars 2010
El Condor repassa
En 1969, probablement sur une idée du producteur Creed Taylor, Paul Desmond enregistre une adaptation jazz de l'intégrale du disque de Simon & Garfunkel, la sensation du moment : "Bridge over troubled water". Aussi idiot que ça puisse paraître, ce n'est pas mal du tout. Les arrangements et l'orchestre sont dirigés par Don Sebesky, et Desmond, accompagné par Herbie Hancock et Airto Moreira, fait bien plus que se contenter de jouer la mélodie originale.
Un disque très agréable à écouter, donc.
Un an plus tard, Creed Taylor remettra le couvert avec George Benson et le "Abbey Road" des Beatles, avec moins de réussite, à mon goût.
Ne boudons pas notre plaisir :
Un disque très agréable à écouter, donc.
Un an plus tard, Creed Taylor remettra le couvert avec George Benson et le "Abbey Road" des Beatles, avec moins de réussite, à mon goût.
Ne boudons pas notre plaisir :
dimanche 28 février 2010
L'homme à la voix d'or

Donny Hathaway est un mythe. Sa voix est la plus belle de toutes (comme le dit le père Emptoire). Bien plus belle, notamment que celle de Marvin Gaye. Pourtant sa notoriété n'arrive pas à la cheville de celle du susdit.
Ce n'est pas faute d'avoir eu du succès. Il en a eu, avec son premier album, ainsi qu'en duo avec sa camarade de classe, la grande Roberta Flack.
Non, le problème, c'est le doute, la dépression, qui déboucheront sur son suicide à 33 ans, laissant ses amis incrédules sur son envie d'en finir alors que sa carrière recommençait à décoller, et Roberta inconsolable.
Ce qui fait tout l'intérêt de la musique de Donny, outre sa voix, incontournable, c'est son art de l'arrangement qui en fait le mix parfait de Curtis Mayfield, Stevie Wonder et Marvin Gaye.
Sa discographie est très courte. Elle comprend trois albums (trois chef d'oeuvres très différents), un live, une musique de film,"Come Back Charleston Blue", et un album duo avec Roberta Flack.
Parlons un peu de ces trois albums, que je ne me lasserais jamais d'écouter :
Le premier, "Everything is everything" (1970) est solaire.Il comprend, entre autres perles, trois tubes : le titre éponyme, "To be young, gifted and black", et surtout, cette merveille de jam blaxploitation, de musique de rue, "The Ghetto".

Le deuxième, intitulé simplement "Donny Hathaway" (1971), est lunaire.
Tout en demi-teintes, fait principalement de tempos lents, il est tout simplement bouleversant !
Le premier morceau, "Givin' up", donne le ton :
Le troisième, "Extension of a man" (1973) est ambitieux.Il fait la part belle aux arrangements, s'inspirant du "What's goin' on"" de Marvin Gaye, en commençant par un morceau orchestral, pour 45 musiciens, orchestré par Hathaway lui-même.
Le reste est tout aussi magnifique, même si l'ensemble n'est pas aussi cohérent que l'album de Marvin Gaye.
Pour terminer : une vraie video :
mardi 23 février 2010
Au poteau ! (whipping post)
Je suis tombé sur cette vidéo d'un groupe très important pour moi : The Allman Brothers Band.
Avec le plaisir de voir jouer le plus grand guitariste de rock de tous les temps (euh... des temps du rock, en tout cas), juste après Hendrix, quand même : Duane Allman, malheureusement mort à même pas 25 ans dans un accident de moto.
On peut y voir aussi le deuxième guitariste du groupe, Dickey Betts, qui aurait pu être considéré, lui aussi comme un très grand, s'il n'avait pas joué dans le même groupe que le génie !
Avec le plaisir de voir jouer le plus grand guitariste de rock de tous les temps (euh... des temps du rock, en tout cas), juste après Hendrix, quand même : Duane Allman, malheureusement mort à même pas 25 ans dans un accident de moto.
On peut y voir aussi le deuxième guitariste du groupe, Dickey Betts, qui aurait pu être considéré, lui aussi comme un très grand, s'il n'avait pas joué dans le même groupe que le génie !
dimanche 7 février 2010
Silver pop
A l'aube des années 70, Horace Silver enregistre trois albums constituant une trilogie intitulée "The United States of Mind".



Ces trois disques, "That Healin' Feelin'", "Total response" et "All", sont tellement différents de ce que Horace a enregistré dans les années 60 qu'il va en prendre plein la gueule avec la critique jazz ; vous savez, cette critique qui cherche à enfermer les artistes dans de petites boîtes dont ils ne doivent surtout pas sortir ?
Que lui reproche-t-on ? Deux choses :
- de rabaisser le jazz au niveau de la pop, la plupart des morceaux étant chantés, dans un style funky, avec un Silver qui passe au piano électrique.
- de faire la part belle aux paroles, jugées prétentieuses, mêlant préoccupations sociales, spirituelles et politiques.
C'est à dire, en gros, de faire "Songs in the Key of Life" de Stevie Wonder, quelques 5 ans avant l'intéressé.
Loin d'abaisser le jazz, ces trois enregistrements élèvent la pop au niveau du chef-d'oeuvre !
La cerise sur le gâteau, c'est la rencontre entre Horace et le grand Bey.
Andy Bey, l'une des plus belles voix du jazz, Jeanne Lee au masculin, de part l'ambiguïté de sa voix, très masculine dans les graves et presque féminine dans les registres plus élevés.
On trouve aussi d'autres chanteurs sur ces trois disques, comme Salomé Bey, la soeur d'Andy, ou encore Gail Nelson.
Les arrangements sont tout simplement fantastiques et prouvent, s'il en était besoin, l'énorme apport de Silver à la soul et à la pop, comme si cela ne suffisait pas qu'il ait inventé le hard bop !
Pour terminer, voici trois extraits, une chanson de chaque disque :



Ces trois disques, "That Healin' Feelin'", "Total response" et "All", sont tellement différents de ce que Horace a enregistré dans les années 60 qu'il va en prendre plein la gueule avec la critique jazz ; vous savez, cette critique qui cherche à enfermer les artistes dans de petites boîtes dont ils ne doivent surtout pas sortir ?
Que lui reproche-t-on ? Deux choses :
- de rabaisser le jazz au niveau de la pop, la plupart des morceaux étant chantés, dans un style funky, avec un Silver qui passe au piano électrique.
- de faire la part belle aux paroles, jugées prétentieuses, mêlant préoccupations sociales, spirituelles et politiques.
C'est à dire, en gros, de faire "Songs in the Key of Life" de Stevie Wonder, quelques 5 ans avant l'intéressé.
Loin d'abaisser le jazz, ces trois enregistrements élèvent la pop au niveau du chef-d'oeuvre !
La cerise sur le gâteau, c'est la rencontre entre Horace et le grand Bey.
Andy Bey, l'une des plus belles voix du jazz, Jeanne Lee au masculin, de part l'ambiguïté de sa voix, très masculine dans les graves et presque féminine dans les registres plus élevés.
On trouve aussi d'autres chanteurs sur ces trois disques, comme Salomé Bey, la soeur d'Andy, ou encore Gail Nelson.
Les arrangements sont tout simplement fantastiques et prouvent, s'il en était besoin, l'énorme apport de Silver à la soul et à la pop, comme si cela ne suffisait pas qu'il ait inventé le hard bop !
Pour terminer, voici trois extraits, une chanson de chaque disque :
dimanche 31 janvier 2010
L'homme orchestre
Le dernier disque de Pat Metheny ressemble comme deux gouttes d'eau à n'importe quel album du Pat Metheny Group. A une différence près : c'est le Pat Metheny Group sans le groupe !
Vous allez me dire - Oui, bon... c'est Pat qui joue de tous les instruments séparément ; c'est possible à l'enregistrement mais pas en concert !
Que nenni ! En concert aussi il peut jouer de tous les instruments en même temps. Par contre, je vous dis pas le temps qu'il doit falloir pour installer tous le matos !
A voir pour la performance technique, donc !
Vous allez me dire - Oui, bon... c'est Pat qui joue de tous les instruments séparément ; c'est possible à l'enregistrement mais pas en concert !
Que nenni ! En concert aussi il peut jouer de tous les instruments en même temps. Par contre, je vous dis pas le temps qu'il doit falloir pour installer tous le matos !
A voir pour la performance technique, donc !
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