lundi 27 décembre 2010

Faire fondre la neige : l'entreprise du Captain Kirk

Avec une semaine de retard sur mes collègues du Z-Band, je m'empare aujourd'hui du sujet retenu pour notre rendez-vous saisonnier : un disque pour faire fondre la neige.


Le disque que j'ai retenu est sur la liste noire de toutes les organisations écologistes de la planète. Il est interdit au nord du cercle polaire arctique et au sud du cercle polaire antarctique car il a un effet dévastateur sur la couche de glace de ces régions. La dernière fois qu'un Inuït l'a écouté, un iceberg aussi grand que la Sardaigne s'est détaché de la banquise et a coulé le navire de croisière où notre président prenait des vacances bien méritées avec Carla. Ils ont, bien sûr, depuis été remplacés par des sosies, et notre pauvre esquimau reconduit à la frontière du Danemark.

Ce disque pourrait être facile à classer. Sachant qu'il s'agit d'un grand saxophoniste de jazz se mettant au R'n'B, on pourrait penser à un disque de la CTI, produit par Creed Taylor.

PAS DU TOUT !!!

Quand Rahsaan Roland Kirk fait du R'n'B, il ne se contente pas d'arrangements smooth jazz des grands noms du genre. Il les explose, les atomise, les ridiculise !
L'original de What's goin' on de Marvin Gaye, par exemple, ressemble à un filet d'eau tiède, par comparaison à la version volcanique de Rah.

On démarre assez tranquille, avec la reprise du tube de Bill Withers, dont j'ai oublié le titre exact, un truc du genre "Y a pas de Sunshine quand t'es gone". Sans surprise ? Que nenni ! Tout le monde connait la technique, inventée par Kirk du chanté dans la flûte, popularisée ensuite par Ian Anderson, avec Jethro Tull ; eh bien, là, Rahsaan ne se contente pas de fredonner dans la flûte, il chante carrément les paroles de la chanson !

Après cette mise en bouche, la température monte pour ne plus redescendre. J'ai renoncé à l'idée de mettre en écoute la playlist deezer : écouter 30 secondes de chaque morceau c'est louper l'essentiel.
L'essentiel, c'est les solos ravageurs et ravagés, en souffle continu, qui rappellent à ceux qui l'auraient oublié ou ignoré que Kirk est le saxophoniste le plus extraordinaire qui ait existé, si l'on excepte, comme il le faisait lui-même, Coltrane.

J'ai, quand même trouvé ce morceau, "One nation", qui envoie du pâté, que dis-je, du foie gras, jusqu'en haut de l'Etna !



Voici ce que mes collègues du Z-Band ont déjà publié, la semaine dernière, avec cet effet notable : il y a déjà beaucoup moins de neige !

* Belette et Jazz : PJ Harvey & Bjork, Rudess & Petrucci et Marvin Pontiac

* Jazz à Paris : "Dolphy, Varese, Coltrane, Stockhausen" de Frédéric Maintenant, et "Out To Lunch" de Dolphy

* JazzOcentre : Ursus Minor, funk la neige

* Jazz Frisson : Manon, viens danser le ska !

* Jazzques : Carlos Villoslada

* Maître Chronique : Festen, une fête pour la neige

* Ptilou's blog : Benzine & Soo Bin Park

* Jazz, chroniques & coups de coeur : Cordula Hamacher

vendredi 3 décembre 2010

Magique Eric

En ce moment, je n'écoute pas de jazz. Si quelqu'un peut m'y remettre, c'est bien lui !

jeudi 21 octobre 2010

Fin de partie pour un faune de Georgie

Marion Brown, qui avait participé à l'Ascension de Coltrane, vient de monter le rejoindre.
C'était un grand bonhomme.
Qu'il se tape un éternel boeuf avec J.C !
On se consolera en réécoutant, entre autres merveilles, son "Afternoon of a Georgia Faun" (1969), que je n'ai malheureusement pas trouvé en video.

Celle-ci est beaucoup plus... mainstream, mais allez ! Elle fera l'affaire.

dimanche 19 septembre 2010

Big Band, Big Bang !



C'est l'automne, les feuilles tombent, les jours raccourcissent, et... le Z-Band publie. Sujet : les Big Bands.
J'ai choisi, quant à moi d'évoquer un artiste qui n'a pas beaucoup fréquenté les Big Bands, étant par nature solitaire et renfermé : Monk.

Qui voudrait déguster Monk en Big Band doit se méfier. En effet, si vous achetez sans bien regarder l'étiquette, vous pouvez aussi bien tomber sur du jazz 100% Monk, que sur de l'Oliver Nelson avec quelques pépites de Monk éparpillées de ci de là.

Je m'explique :

Comme chacun sait, Monk n'est pas mort d'un coup, comme le commun des mortels. Il a connu, entre 1967 et 1977, une période d'effacement, laissant son ombre se faire trimballer d'enregistrements en concerts plus ou moins foireux, manipulé par des producteurs, et même des confrères comme Dizzy Gillespie, utilisant sa notoriété, devenue immense dans les années 60, pour se faire des pâtes encore !
A cette époque, Monk agit comme une espèce de zombie sans volonté et laisse l'orchestre massacrer sa musique sans réagir, tandis qu'il est lui-même réduit à un rôle ingrat d'accompagnateur. Et ceci, jusqu'àu degré suivant de dissolution : de 1977 à 1982, période pendant laquelle il ne reste plus que l'enveloppe charnelle de Thelonious, immobile et silencieuse.

Donc, Monk et les Big Bands : que faut-il écouter ?

Deux enregistrements en concert :

- 1959, The Thelonious Monk Orchestra at Town Hall, que voici en écoute :

Découvrez la playlist Monk Orchestra at Town Hall avec Thelonious Monk















- 1963, Big Band and Quartet in Concert













Ces deux sessions ont été arrangées par Hall Overton, en concertation avec un Thelonious alerte et en pleine possession de ses moyens. Avec 9 musiciens, en plus de Monk, et non des moindres. Il est à noter la participation de Steve Lacy, en 1963, mais il ne prend, malheureusement pas, de solo.

Ces deux enregistrements sont de pures merveilles. Rien d'autre que Monk à la puissance dix, une véritable explosion, un summum absolu.

Quand au disque de 1968, Monk's Blues, on peut difficilement le qualifier de dernier enregistrement de Monk. Il n'était déjà plus là. Tout au plus peut-on le considérer comme un album d'Oliver Nelson, que l'on aurait pu intituler "The Oliver Nelson's Orchestra Plays The Music of Thelonious Monk", en ajoutant "Featuring the shadow of Thelonious himself".


Faut-il en conclure qu'il est à jeter ?

Certainement pas, il reste très agréable à écouter. Mais il faut se garder de le comparer aux deux autres albums de Monk en Big Band, et si Columbia avait eu la moindre décence, ils n'auraient pas regroupé dans un même double album, à la pochette pourtant si fabuleuse (voir image d'introduction), un disque de grand chocolat à 85% de cacao et un disque de nutella !

J'en ai terminé, mais n'oubliez pas d'aller jeter un oeil aux contributions à ce sujet de mes camarades du Z-Band :

Carine Bonnefoy sur Cool de Source

G9 Gipfel Berlin sur Jazz à Berlin

Xtet / Bruno Reigner sur Jazz O Centre

P.O.M. (putain d’orchestre modulaire) sur Z et le Jazz

le MegaOctet d'Andy Emler sur Belette & Jazz

Fanfare du Belgistan / Le Spoumj / le Surnatural Orchestra sur Jazz à Paris

DJBigBand-AkaMoon sur Jazzques

dimanche 5 septembre 2010

Hannibal, le cas m'emballe !

Marvin "Hannibal" Peterson est un artiste méconnu.
Comme instrumentiste (trompette), il a joué avec Roland Kirk, avec Elvin Jones, Pharoah Sanders, et autres pointures. Comme créateur, il est assez proche de Don Cherry, en plus "orchestral".
Si vous avez l'occasion de croiser l'un de ses disques, je pense qu'il vaut le détour.
Voici quelques extraits de son premier album, "Children of the fire" en 73 :

samedi 21 août 2010

Abbey quitte la route

Je sais, je sais, il faut s'y faire, tous ces géants du jazz qui tombent comme des mouches !
Mais là... Abbey...
Eh merde !

lundi 21 juin 2010

L'appel du 21 juin

C'est l'été, ça y est et... Ahhhh ! Nom de nom, c'est aussi l'échéance de publication pour le Z-Band, magnifique collectif de blogueurs passionnés de jazz et... fatigués, tiens !
Eh oui, pour l'instant, seulement trois publications, plus celle-ci qui sera la quatrième et dont l'auteur, à court d'inspiration, en est réduit à tourner autour du pot et tirer à la ligne pour masquer, bien maladroitement son manque de préparation et sa panique totale !
Qu'est-ce qu'on avait dit, déjà ? Une vidéo ? Rio ? Bon, attendez voir !

J'ai ça dans mes archives : Casuarina.

Les Casuarina sont des arbustes ou des arbres pouvant atteindre 35 mètres de haut à feuillage persistant.Le feuillage est formé des nombreux rameaux de fines brindilles vertes ou gris-vert portant de minuscules feuilles-écailles... attends ! non, c'est quoi, ça ? J'aurais du prévoir que ça ne suffirait pas un copier-coller de wikipedia !

Bon, deuxième essai !

Casuarina est un groupe de samba carioca qui a une particularité : il renouvelle le genre et met le feu à chaque concert ! Ils ont une patate ! On les mettrait à marquer des buts à la place de l'équipe de France !

Leur dernier disque vient de sortir (ils sont jeunes, c'est le troisième) et c'est un live, ce qui permet d'apprécier leur vitalité, qui rendrait euphorique une armée de Philippes Delerms ! (Vous avez remarqué le nombre de points d'exclamation dans cette note !! ?)

Une dernière remarque avant d'aller se coucher, exténué : l'un des membres du groupe est le fils du grand Lenine (Non, pas celui-là, l'autre, le grand, j'ai dit !), ce qui me permet d'en mettre encore un !




Quelques-uns de mes irréductibles collègues ont déjà publié ici :

Maître chronique
Ptilou
Jazz Frisson

dimanche 13 juin 2010

Autre chose que des binious

En musique celtique aussi on a de superbes musiciens. Quand je dis "on", je veux dire "nous les bretons", qui n'avons pas que des chapeaux ronds !
La musique celtique a des accointances avec le jazz, ne serait-ce que le goût pour l'improvisation. De nombreux musiciens traditionnels bretons ont enregistré, avec des musiciens de jazz, des disques de haute tenue.
Voici, par exemple, Soïg Sibéril, grand virtuose autodidacte, au style si reconnaissable. Il parait que c'est un grand spécialiste de l'accord ouvert. Je veux bien le croire, de toutes façons je n'y connais rien aux techniques guitaristiques.
En tout cas, il fait partie du top ten des guitaristes que j'écoute le plus souvent.